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Arrestation de Julian Assange : réaction de Stéphanie Gibaud, lanceuse d'alerte

Arrestation de Julian Assange : réaction de Stéphanie Gibaud, lanceuse d'alerte

Le 11 avril 2019

Je m’appelle Stéphanie Gibaud et je suis lanceuse d’alerte dans le dossier de la banque suisse UBS en France. J’ai dénoncé à partir de 2008 des dysfonctionnements en matière d’évasion fiscale et de blanchiment de capitaux. La banque suisse UBS a été condamnée en février 2019 à l’amende la plus importante en France qui n’avait jamais été donnée à une banque à hauteur de 4,5 milliards d’euros.

Aujourd’hui, je suis à la fois choquée et meurtrie d’apprendre que Julian Assange - qui est le fondateur de Wikileaks et qui vivait enfermé à l’ambassade d’Équateur où il avait trouvé asile depuis presque 7 ans, a été ce matin sorti de cette ambassade et arrêté par la police britannique.

Julian Assange a été arrêté parce qu’il milite pour la liberté d’expression, la liberté de la presse et la démocratie, notamment avec son site Wikileaks : ils ont publié des informations concernant des exactions de l’armée américaine sur des civils au Moyen-Orient. 

Ils ont notamment expliqué que les gouvernements français de Sarkozy et de Hollande avaient été suivis, épiés, et espionnés. Julian Assange est enfermé depuis plus de 6 ans dans une ambassade, dans une pièce qui fait à peine 10 m2, où il n’a pas vu le soleil ni mis le pied dehors pendant plus de 6 ans. Il a demandé l’asile à la France - le pays des droits de l’homme, mais cet asile a été refusé. Nous sommes quelques uns à le soutenir et nous avons demandé au Président Hollande (qui se vantait de vouloir faire passer une loi permettant la protection des lanceurs d’alerte) qu’il fallait absolument, pour des intérêts importants concernant notre pays, accueillir Julian Assange. 

Toutes les demandes faites à l’Élysée depuis 2013 sont restées lettre morte. C’est une honte absolue. J’ai moi-même été abandonnée complètement par l’Etat français alors que j’ai contribué à cette dénonciation sur ces fraudes fiscales d’une ampleur massive. Rappelons que Monsieur Cahuzac (on a appris hier qu’il ne ferait jamais de prison) avait ses propres comptes off-shore chez UBS à Genève. 

Je souhaite dénoncer la lâcheté de tous nos hommes politiques qui se succèdent depuis des années qui nous ont abandonnés. Le seul qui m’ait laissé la parole depuis 2014 est Nicolas Dupont-Aignan qui avait justement dit que s’il avait été élu à la Présidence de la République en 2017, il aurait accueilli Julian Assange en France. Julian Assange a d’ailleurs un enfant dans notre pays et il paraissait donc évident, dans la mesure où nous sommes le pays des droits de l’homme, d’être à la hauteur de cette demande d’asile.

Les Nations Unies avaient déclaré en 2016 via des experts que M. Assange était enfermé de manière arbitraire et qu’il devait être libéré, la Grande-Bretagne n’a jamais obtempéré à ces demandes. 

Alors que la liberté d’expression en France est bafouée (on le voit avec de nombreux lanceurs d’alerte n’ayant pu avoir la parole), je vous incite tous à vous rendre samedi à 18h30 devant le Journal Le Monde où il y aura un rassemblement pour que Julian Assange ne soit pas extradé vers les Etats-Unis où il risque a minima la prison à vie, voire la peine de mort. Il faut que les citoyens et journalistes soient unis au 80 boulevard Blanqui à Paris (13e), pour la liberté de Julian Assange.

Nicolas Dupont-Aignan est le seul homme politique qui m’a tendu la main. Il m’a proposé d’être candidate sur sa liste pour les élections européennes. Je défendrai toujours le lobbying des citoyens face au lobbying des financiers et des multinationales à Bruxelles. »