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Mondialisation et libre-échange déloyal : l’Europe, la Démocratie, et la Planète dindons de la farce

Mondialisation et libre-échange déloyal : l’Europe, la Démocratie, et la Planète dindons de la farce

Tirez le rideau, la farce est jouée ! (Rabelais)

Le 17 avril 2019

    En 2001, les dirigeants Américains et Européens ont autorisé la Chine à intégrer l’Organisation Mondiale du Commerce pour bénéficier des avantages du libre-échange. Ils pensaient naïvement que la Chine allait se diriger vers une économie de marché et respecter les règles de la concurrence loyale et non-faussée tout en ouvrant ses marchés…. Perdu ! Sauf pour quelques grands financiers et oligarques hors-sol qui se sont enrichis sur l’esclavage moderne, l’appauvrissement des pays développés et le saccage de l’environnement à coup de transferts irresponsables de technologies, de délocalisations massives des usines et de leurs emplois, de désarmement douanier, industriel et agricole. Tous les Français et Européens ont souffert de cette mondialisation sauvage en dehors de ce 1% de dirigeants économiques irresponsables qui a maximisé ses profits tout en démultipliant les paradis fiscaux dans lesquels les exfiltrer. « L’Europe de la croissance, de la prospérité et de l’emploi », que nous vantait le traité de Maastricht en 1992, s’était révélé être le « dindon de la farce ».

2019 : l’Union Européenne (UE) a-t-elle tiré les leçons de cet échec cuisant ? Hum…. comment dire…

Corée du Sud, Canada, Japon, Taïwan, Cambodge, Singapour, Chine, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Amérique du Sud... L’UE n’en finit plus de négocier et signer depuis les années 2000, des accords commerciaux et traités de libre-échange total avec des pays à bas coûts et/ou dont les normes sanitaires et environnementales ne respectent pas les nôtres. De surcroît, ces importations venues de l’autre bout de la planète sont une aberration écologique.

Cette situation est d’autant plus inacceptable que les peuples rejettent massivement le libre-échange déloyal dès lors qu’ils en ont connaissance. Ce fut ainsi le cas pour le Traité Transatlantique (TAFTA) auquel les dirigeants européens et français ont dû renoncer en 2017. Mais pour mieux y revenir subrepticement, sous les menaces en 2018 de sanctions commerciales et juridiques d’une Amérique Trumpienne souveraine et forte, qui sait soumettre une Europe faible elle-même soumise aux intérêts commerciaux de l’Allemagne.

Ces traités nouvelle génération - CETA, TAFTA/TTIP, JEFTA, MERCOSUR….- intensifient le modèle productiviste et la libre-circulation des marchandises. Ils consistent, par exemple, à nous laisser inonder par les importations de riz cambodgien/birman au détriment de nos riziculteurs camarguais, à importer du bœuf japonais ou encore du lait de N. Zélande alors que l’Europe en est excédentaire et qu’un paysan se suicide ici tous les deux jours…. En revanche, ils font le bonheur des spéculateurs et actionnaires des transnationales mondialisées qui tirent toujours plus de profits de cette économie de flux opaque et ultra polluante.

Mais à quel prix pour la planète et notre humanité ? Rien que pour le transport de fret (fioul détaxé, sans quoi la mondialisation serait impossible), près de 90% du volume de marchandises transportées sur la planète transitent par les mers soit 10 milliards de tonnes pour plus de 91 000 navires commerciaux. Côté émissions, selon l’OCDE, en 2017, le transport « de surface » (routier) émet 2 230 millions de tonnes de CO2, contre 929 millions de tonnes pour les frets aériens et maritimes réunis. Soit 3 159 millions de tonnes au total. Sans compter les émissions de dioxyde de souffre et d’azote, les particules fines, les dégazages et marées noires, les containers perdus en mer, les atteintes à la biodiversité terrestre et marine, et la formation du 6ème continent (énorme décharge de déchets plastiques flottants) dans le Pacifique Nord.

Sans compter la surexploitation des ressources terrestres, de nouvelles formes d’esclavage humain, la pollution industrielle délocalisée en Chine, Inde, Afrique etc….

A l’heure du réchauffement climatique, ce libéralisme effréné dont nous dénonçons les risques depuis toujours à Debout La France, devient absurde et intenable. La planète est le dindon de la farce !

Au nom du mensonge de la « mondialisation heureuse » - le tout concurrence et à la libre-circulation de tout et tous – et grâce aux dérives d’un capitalisme de connivence hors de contrôle, nos élites ruinent en réalité nos nations européennes, spécialement la France. Elles ont organisé un basculement du centre mondial de la création de richesse de l’Occident vers l’Orient, sans que ces enjeux n’aient jamais été débattus démocratiquement avec les peuples. Elles organisent ainsi la spoliation des populations occidentales au profit d’oligarques européens qui n’ont rien à envier aux « oligarches russes » qu’ils nous désignent pourtant souvent du doigt.

Sans compter qu’au-delà de la suppression généralisée des droits de douanes, et de l’abaissement des normes sociales et environnementales, ces traités introduisent désormais des tribunaux d’arbitrage privés dans le domaine de la protection des investissements des multinationales : elles attaquent ainsi les Etats dès qu’elles estiment que la politique de ces derniers risque de nuire à leur rentabilité. Le CIRDI révélait fin 2017 que dans 61% des cas, elles gagnent au détriment de l’intérêt général et de la souveraineté des Nations. Autrement dit, le système financier a pris le pouvoir grâce à un nouvel ordre juridique et normatif mondial. C’est « l’Etat de droit (du plus fort) » qui remplace progressivement le pouvoir du peuple, et la démocratie humaniste elle-même qui est le dindon de la farce mondialiste et régressiste.

La France et nos compatriotes sont les premiers dindons de cette Europe fédéraliste et sans frontières voulue par Jean Monnet et Robert Schuman, alors sous influence américaine. A Debout la France, avec nos députés européens, nous refonderons l’Europe selon le projet gaulliste originel, dans la droite ligne de Philippe Seguin. Une Europe des Nations Libres et des Coopérations sur de Grands Projets (type Erasmus, Concorde, Airbus), fondée sur un capitalisme ordonné et patriote créateur de prospérité, un retour aux règles du marché commun européen, une économie libérale responsable où la France pourra de nouveau être forte et généreuse avec les autres.

C’est pourquoi aux élections européennes du 26 Mai, nous disons STOP et proposons un autre modèle de développements économique, écologique et durable, respectueux de nos idéaux de civilisation.

 

Florence Bernard,

Déléguée Nationale au Commerce International