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Suicides en série dans la police : l’ultime appel au secours

Suicides en série dans la police : l’ultime appel au secours

Le 23 avril 2019

Dix lignes dans la « Provence » de ce vendredi 19 avril 2019 : dix lignes dérisoires pour signaler deux nouveaux suicides de policiers en France, soit 28 depuis le début de l’année. En revanche, le même journal consacre sans vergogne cinq colonnes pleines à l’entraînement de deux joueurs de l’OM au stade vélodrome…

Tous les quatre jours dans notre pays un policier met fin brutalement à ses jours et certains préfèrent se répandre sur les frasques de Balotelli, l’avant-centre de l’OM, rémunéré à hauteur de 600 000 euros par mois, soit le salaire moyen mensuel de 300 fonctionnaires de police.

Dix lignes pour une hécatombe nationale, une série noire qui n’en finit pas. Au sommet de l’Etat, comme d’habitude, on simule la compassion, on parle de « cellule de prévention », on colmate les brèches avec le regard fuyant. On promet la main sur le cœur de recevoir les syndicats de police, mais seulement après le 29 avril, quand l’opinion aura oublié ces ultimes appels au secours. Tout se passe comme si le gouvernement et certains médias se souciaient comme d’une guigne de ces drames effroyables, de ces hommes et de ces femmes qui se dévouent sans compter jusqu’à ne plus en pouvoir, jusqu’à se sacrifier sur l’autel de l’incompréhension et de l’indifférence.

35 policiers et 33 gendarmes se sont donné la mort en 2018 et 28 policiers les ont imités depuis le 1er janvier 2019. Ces chiffres froids comme la mort devraient serrer notre cœur d’une main glaciale. Eh bien non. Ces hommes et ces femmes réduits à néant sont devenus de simples chiffres, pire : des « statistiques ». En haut lieu, on n’ose plus trop évoquer les « problèmes personnels » qui expliqueraient ces disparitions subites. Le qualificatif de « déséquilibrés » est plutôt réservé aux djihadistes. Ce mépris est scandaleux, inadmissible, inhumain. Il ne ressemble pas à notre France et à Debout La France nous ne l’admettons pas et nous ne l’admettrons jamais !

Nous voudrions d’abord faire part de notre sympathie attristée et de notre consternation partagée avec toutes les familles, les proches de cette mère de deux fillettes, capitaine de police, qui s’est tiré une balle dans le cœur au commissariat de Montpellier, ainsi qu’aux parents et amis de ce jeune fonctionnaire de 25 ans, agent de la préfecture de police de Paris, qui a mis fin à ses jours lui aussi avec son arme de service à son domicile de Villejuif.

Les causes de ces multiples suicides sont cachées mais connues : elles sont liées à une surcharge infernale de travail, y compris les week-ends quand tout le monde aspire au repos, ils sont la conséquence d’une stratégie bâtarde de « chasse aux crânes » imposée par une hiérarchie sans âme qui ne songe qu’aux résultats et aux primes qui les sanctionnent, ils sont la résultante d’une haine anti-flic qui n’a jamais atteint un tel degré dans notre pays et qui est très en vogue dans les médias, les élites et certains partis politiques irresponsables, ils sont enfin la conséquence directe d’une absence totale de reconnaissance et d’empathie.

Oui, nous l’affirmons haut et fort à Debout La France, les salaires exorbitants de certains cabochards du football professionnel seraient plus à leur place dans les poches de la piétaille policière, celle qui prend tous les risques tous les jours au service de ses concitoyens. La plupart des policiers de base sont payés au lance-pierre au regard des efforts qu’ils fournissent au quotidien pour supporter les quolibets, les insultes, l’injustice, le laxisme des juges, les outrages dont les gratifie une population qui les traite comme des pestiférés…jusqu’au jour où elle se précipite pour les appeler lorsque elle a besoin d’eux !

C’est un fait : les policiers n’en peuvent plus. Ils le crient sur les toits et nul ne veut les entendre. Certains, au bout du rouleau, préfèrent mourir dans la dignité que d’exercer un métier perçu désormais comme un pensum quotidien dans l’indifférence générale. Les policiers sont en train de se noyer, ils suffoquent, comme les infirmières, les chauffeurs de bus, les surveillants pénitentiaires, les instituteurs, tous ces Français de l’ombre qui œuvrent sans rien dire au bien collectif. Ils sont désormais considérés comme des « quantités négligeables » dans une société qui a perdu ses valeurs et ses repères. Une société qui privilégie la hiérarchie docile et les vassaux du système. Comme toujours.

Le sacrifice de tous ces hommes et de toutes ces femmes ne doit pas rester vain. A Debout La France, nous sommes fiers aujourd’hui de leur rendre un hommage national, un hommage mérité. Ce sont de vaillants soldats de l’ombre qui ont été écrasés par l’ampleur de leur tâche et le mépris affiché de leurs supérieurs. Merci, vaillants anonymes, merci de tout cœur de ce sacrifice que nous n’oublierons pas. Nous serions heureux de vous consacrer une stèle dédiée à votre ultime sacrifice pour que règne l’ordre public, une stèle qui ressemblerait à celle des anciens combattants honorés sur toutes nos places de village, et sur laquelle nous pourrions humblement venir nous incliner. Car vous êtes morts pour la patrie, morts comme des martyrs, morts pour atteindre enfin le royaume des cieux, celui de l’amour et de la miséricorde, morts pour que vive la France.

José d’Arrigo et Jacques Struzynski